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Comment trouver son propre style de dessin?

La plupart des dessinateurs amateurs cherchent leur propre style en imitant leur artiste préféré pendant des mois voire des années. Et la plupart d’entre eux se rendent compte, au bout de tout ce temps, que non seulement ils ne peuvent pas dessiner en toute autonomie, mais aussi, ce qui est plus grave, qu’ ils ne sont devenus que de pâles copies de leurs dessinateurs préférés (mais en moins bien).
Si ce n’est pas votre cas, peut-être que vous avez de la chance, ou peut-être que vous n’en êtes tout simplement pas encore arrivés à ce stade. Il est possible aussi que vous ne juriez que par le dessin réaliste, auquel cas vous ne verrez peut-être aucun intérêt  à lire cet article.
Mais si vous vous intéressez un tant soit peu au dessin de bande dessinée, de storyboard, d’animation, d’illustration jeunesse ou de concept design pour les jeux vidéos (liste non exhaustive), alors vous voyez peut-être très bien de quoi je veux parler. ;)

Pour ma part, je me suis réveillé en 2009, 4 ans après avoir ouvert mon premier livre sur le dessin en perspective.
Je copiais mes auteurs préférés, me donnais l’illusion que je savais bien dessiner, mais le réveil a été rude le jour où je me suis rendu compte que je n’avais absolument aucun style, voire pire, que je n’étais qu’un simple plagiaire sans aucune saveur. Il FALLAIT que ça change car je stagnais, déprimais de toute mon âme, et trouvais cela injuste après plus de 48 mois de travail acharné.

C’est alors devenu une obsession. Il fallait que je trouve un moyen pour changer mon approche du dessin. J’ai fouillé partout : dans les bouquins, dans des revues, sur internet… j’ai même demandé directement à certains auteurs que j’admirais. RIEN. NIET. NADA.
Bon sang, personne pour me montrer le chemin ?
Je voulais simplement la réponse à cette question: Comment trouver son style quand on est dessinateur amateur? Je n’avais pas l’impression de demander la lune, pourtant.

Un grand moment de solitude… voir tous ces artistes talentueux sur internet, dotés d’un style si aiguisé, si unique et si expressif… Et le pire dans cette histoire : tous ces artistes sont pour la plupart très peu communicatifs et tiennent globalement le même discours : « le style, ça vient en dessinant !» (merci mister obvious ! :< ). Déprimant. Mais vous commencez à me connaître, je suis plutôt du genre têtu. A ce moment-là, l’aventure ne faisait que commencer… j’ai dû faire la grève du dessin pendant quelques semaines, afin de réfléchir et de remettre en question ma méthode de travail qui n’était certainement pas la bonne.keskicloche

 

Mais qu’est-ce qui cloche chez moi ?

Bon, il faut l’avouer, il est facile de se dire qu’on en est incapable, et que jamais on ne parviendra à trouver un style de dessin unique et un public légitime.
Car à quoi bon dessiner seulement pour soi?
Une création artistique n’est pas destinée à être dissimulée au monde extérieur, pas vrai ? C’est la dimension du partage qui fait vivre une création. Il n’y a aucun intérêt à préserver son œuvre des regards extérieurs (à moins qu’il s’agisse d’un essai ou d’une expérimentation inachevée, et encore…).

La peur du jugement est un des seuls obstacles au partage, mais une fois qu’on l’a surpassée, tout devient plus simple.
Il suffit de prendre un peu confiance. Plus facile à dire qu’à faire, je sais, cependant il faut un début à tout. Une chose est sûre: ce n’est pas en restant toujours dans sa zone de confort qu’on peut repousser les limites de son art.

Un beau dessin c’est un peu comme une belle chemise: à quoi bon la porter si c’est pour rester cloîtré chez soi? ça n’a aucun sens. Le dessin et la peinture sont des outils de communication non verbale des plus efficaces. Rappelez-vous de l’adage: « mieux vaut un bon dessin qu’un long discours ».
De plus, le dessin ne communique pas que des idées, mais aussi des émotions humaines ! c’est quand même incroyable de se dire qu’avec un simple bout de papier et quelques milligrammes de carbone, on est capable de transmettre autant d’émotions à notre prochain. Je trouve cela magique, et c’est principalement pour cette raison que je suis autant passionné.

Bref, face à cet échec cuisant, il fallait que je me creuse la cervelle avant de finir dans un asile spécialisé pour dessinateurs frustrés. Même si je n’étais pas un dessinateur instinctif doté d’un talent inné, je refusais de croire que jamais je ne parviendrais à mes objectifs: me forger un semblant de style graphique appréciable et reconnaissable sans attendre qu’un miracle survienne.

En prenant un peu de recul et après quelques semaines de réflexion sans même toucher un crayon, j’en avais conclu que d’une part, rares étaient les dessinateurs talentueux capables d’analyser leurs propres progrès et assez communicatifs pour expliquer leurs aptitudes à autrui.
En effet, si vous êtes attentifs au monde qui vous entoure, vous remarquerez peut-être que les artistes les plus talentueux sont souvent aussi les plus réservés.

En effet, le stéréotype de l’artiste qui passe plus de temps à dessiner qu’à communiquer avec son entourage est assez juste. C’est une réalité. Je suis passé par là, et c’est après une longue remise en question qu’il m’est devenu plus facile d’en parler aujourd’hui.
Il a fallu que je me botte le train pour sortir de ce cercle vicieux que connaît le dessinateur qui ne sort jamais de sa grotte. Certains de mes amis m’appelaient « Pit l’ours ». Ce n’était pas un hasard. J’étais effectivement un ours (sans les poils) et j’avais du mal à communiquer, même avec mes proches. Il est clair que pendant un temps, le dessin a été une échappatoire à tous mes problèmes (heureusement ce temps est révolu).
Il était courant, après avoir passé plusieurs jours en solitaire au-dessus de ma table à dessin, de ne plus pouvoir m’exprimer correctement. Je ne plaisante pas. Je mâchais mes mots, voire bégayais! Au même titre qu’un muscle, le cerveau s’adapte aux activités que l’on pratique: si on ne parle jamais, il sera très difficile de s’exprimer correctement. C’était pathétique d’en arriver à ce stade et je ne souhaite à personne de passer par des phases comme celles-là. C’est à ce moment que j’ai fini par comprendre qu’il ne faut pas confondre passion avec obsession.

A partir de là, j’ai donc cherché à rétablir un meilleur équilibre dans ma vie, et surtout à réfléchir à une méthode plus efficace pour devenir l’artiste dont je rêvais, et pas l’ombre de quelqu’un d’autre.

 

Qu’est-ce qu’un style graphique ?

Un style graphique est une marque distinctive qui différencie un artiste d’un autre. C’est un ensemble de signaux graphiques récurrents chez un même individu, qui va permettre au public de se familiariser avec ses créations et de reconnaître son empreinte au premier coup d’œil. Voyez le style comme une identité propre à l’artiste, un savoir-faire authentique et une personnalité facilement reconnaissable.
Aussi, le style artistique d’un artiste à succès est souvent en accord avec les idées qu’il choisit de transmettre. Cette harmonie facilite grandement l’impact d’une création.

style graphique

Quels sont les éléments qui constituent un style ?

  • L’outil/le média utilisé : par exemple, un même individu qui dessine au crayon HB ne pourra pas tout à fait réaliser les mêmes prouesses avec un stylo bille ou un pinceau. De la même façon, un artiste qui travaille à l’aquarelle et qui passe à la peinture à l’huile ou à la peinture digitale, ne pourra pas obtenir tout-à-fait les mêmes résultats avec ces dernières. Il n’est d’ailleurs pas rare qu’un artiste qui veut se distinguer absolument des autres utilise (voire invente) ses propres outils et commence à mixer différents médias de façon unique.
  • Le savoir-faire : La coordination des mouvements et la connaissance de nos outils sont deux choses qui viennent en expérimentant. La pratique en elle-même est donc essentielle à la recherche du style. C’est bête à dire, mais si on ne dessine pas et qu’on passe son temps à regarder les autres le faire, il sera impossible de trouver son style.
  • La sensibilité : On a malheureusement très peu d’emprise sur cet aspect de notre personnalité. Cela dit, la sensibilité, au même titre que l’émotivité, peut se travailler (comme toute activité cérébrale d’ailleurs). Il faut avant tout prendre son temps afin de vivre un peu plus dans le présent. Il est aussi très utile de se questionner sur le « pourquoi » lorsqu’il y a des choses qu’on ne comprend pas, plutôt que de se dire systématiquement « c’est comme ça, c’est pas autrement. ». Non seulement ce questionnement nous rend plus empathique mais il renforce aussi énormément notre équilibre intérieur ainsi que notre patience. Et pour moi, quelqu’un d’équilibré dans tous les aspects de sa vie, se montrera bien plus sensible et percevra bien plus objectivement le monde qui l’entoure.
  • L’expérience/la connaissance: Au fil du temps, notre expérience grandit. En conséquence, nos idées évoluent.  La compréhension des codes graphiques joue un rôle essentiel dans la formation du style artistique. Un individu plus âgé et instruit, aura bien plus de facilité pour utiliser les symboles qu’un jeune qui sort tout juste de l’œuf. C’est avant tout la connaissance que l’on a accumulée au cours des années qui rend nos images plus communicatives et lisibles. Un dessinateur ayant acquis les bases du dessin aura par exemple bien plus de facilité à jouer avec les formes en perspective, avec la composition ainsi qu’avec les couleurs.
  • L’instinct/les automatismes: Il est très courant de développer des automatismes, surtout lorsqu’on réalise des croquis rapides issus de l’imagination. Les mêmes gestes et les mêmes formes reviennent souvent, qu’on le veuille ou non. Il est très difficile de contrôler cet aspect de la pratique mais pas impossible. Pour cela, il faut rester très concentré et faire des pauses régulières. Quand on observe deux artistes manipulant le même outil, on peut se rendre compte que leurs méthodes sont tout-à-fait différentes (préparation de l’outil, prise de l’instrument, pression sur le support, angle par rapport au support, vélocité des mouvements…etc…). C’est un phénomène inconscient qui, au final, va forger notre style sans même que l’on s’en rende compte.
  • L’environnement : Notre environnement influence directement notre capacité à dessiner: mal ranger sa table à dessin, se sentir à l’étroit dans sa pièce, travailler avec peu de lumière, être exposé à un bruit infernal ou à des stimuli qui parasitent notre concentration… autant d’éléments qui perturberont notre créativité et donc notre style d’exécution. Si vous voulez vous amuser, essayez par exemple de dessiner dans un environnement avec et sans musique, ou avec plusieurs styles de musique différents. Vous vous rendrez très vite compte que le rythme de la musique va influencer systématiquement l’exécution de vos gestes.
  • Les choix artistiques : Ces choix conscientisés constituent le moyen le plus adaptable pour sortir du lot et se différencier des autres artistes. Tous les choix artistiques font grandement appel à la créativité de l’artiste.choix artistique

 

Les choix artistiques à notre disposition

Les choix auxquels nous devons réfléchir pour démarrer une illustration-couleur sont les suivants :

  • Les outils/supports/média: traditionnels, digitaux ou un mélange des deux. Par exemple: je dessine un croquis, je l’encre au pinceau, j’applique un aplat de couleur en aquarelle, je scanne mon dessin, je renforce les effets sur un logiciel en conservant la texture du papier tout en ravivant les couleurs lors de la numérisation.
  • La technique/le rendu/traitement: c’est la façon dont on utilise les moyens matériels et l’environnement que l’on a à disposition. La technique est directement liée à la connaissance théorique et à l’expérience. C’est le savoir-faire que l’on a développé après des mois ou des années de pratique. Par exemple, certains artistes préfèreront travailler au trait tandis que d’autres prioriseront les volumes. Ceci étant dit, la technique ne remplacera jamais les idées. Je vois très souvent d’excellents techniciens de l’image qui n’ont aucune originalité dans les idées ou la mise en scène (lire mon article : comment être plus créatif).
  • La palette de couleurs: c’est la façon dont on utilise les couleurs entre elles. Une très bonne connaissance de la théorie des couleurs s’avère toujours utile. Les couleurs ont des pouvoirs émotionnels et symboliques très puissants. Par exemple: je choisis d’utiliser une palette dominante orangée, j’utilise ponctuellement sa couleur complémentaire (le bleu) pour mettre en valeur mon sujet principal ou un point focal (=point sur lequel je veux attirer l’œil du spectateur), et j’utilise des gris colorés tirant vers le jaune ou le rouge pour équilibrer l’ensemble (et afin que l’oeil se repose). Chaque couleur évoquera une émotion différente selon le contexte coloré et le thème où elle est utilisée.
  • Le thème: pour construire une image qui raconte une histoire, il est toujours préférable d’écrire sur papier ce qui nous passe par la tête (avant même d’esquisser une vignette). Même quelques phrases suffisent. Le fait d’exprimer les choses avec des mots peut nous amener bien plus profondément dans l’histoire. A noter également que notre culture personnelle nous permet d’aborder plus facilement un sujet qui nous tient à cœur, donc autant bien faire ses recherches avant de se jeter sur sa feuille.
  • Les codes graphiques: c’est l’utilisation des symboles et des formes. Chaque forme évoque des idées différentes selon le contexte choisi. Par exemple, les formes triangulaires peuvent être utilisées dans des scènes plutôt agressives. Les formes rondes évoquent plutôt la douceur. Tandis que les formes carrées évoquent plutôt l’autorité. Mais encore une fois, tout dépend du contexte de l’histoire, du message ou de l’ambiance que l’on veut transmettre. Je n’entrerai cependant pas dans le détail des symboles, car il faudrait tout un article (livre ?) pour en parler. Laissez-moi vous donner simplement un exemple: Je me souviens d’une couverture de livre que j’avais pu apercevoir en librairie, il y a quelques années. Sur l’illustration, un homme en costard-cravate et son ordinateur chutaient dans les ténèbres. On pourrait se dire immédiatement : « pauvre monsieur, la chute va être douloureuse ». Mais si on creuse un peu la symbolique, on peut se dire que la chute peut évoquer le déclin. Comme cet homme est habillé en homme d’affaires, on peut généraliser ce personnage à son genre: la société active. Le moniteur de l’ordinateur à côté de lui affichait des courbes évoquant la bourse et les marchés financiers. Globalement, cette illustration me faisait plutôt penser au déclin de l’économie, et aurait été parfaite pour la couverture d’un livre évoquant la crise mondiale de 2008. Habituez-vous à vous poser des questions, il n’y a que de cette façon que vous apprendrez à décoder les images.

    symbolique image

    un autre exemple: à votre avis quelle est la symbolique de cette image?
    réponse: epiuqé’d liavart el

  • Les références: la plupart des illustrateurs s’aident de différentes images de référence qu’ils auront recherchées au préalable (mais seulement APRES le travail de vignette), et ceci afin d’être plus précis et réalistes dans le rendu final. En effet, il est extrêmement difficile de dessiner de façon réaliste sans s’aider de références. Seule la crème des crèmes peut dessiner de façon réaliste sans référence-photo. Sachez-le, et n’allez pas croire qu’en 3 ou 4 ans vous serez capable de vous détacher des références, à moins d’être un génie.

Important : il y a une différence entre utiliser une référence et copier une référence. Si vous reproduisez littéralement votre référence, l’illustration finale risque de manquer de saveur. C’est pour cela qu’il vous faudra une ou plusieurs références pour chacun des aspects de votre illustration : formes, volumes, lumière, ambiance colorée etc… Si vous ne vous appuyez que sur une référence ou deux, à moins de vous montrer très inventif, vous risquez de finir avec une illustration insipide, bien trop proche de votre référence et sans aucun style.dessin bart simpson

 

S’inspirer d’autres œuvres

Voici les questions qui restent les plus délicates à traiter :
Comment trouver son style sans donner la sensation qu’on copie quelqu’un d’autre? Quelles sont les limites à ne pas dépasser pour éviter de plagier les artistes que l’on admire?
Je vais essayer de vous délivrer une réponse concrète, même si le sujet est vraiment délicat. Donc ne prenez pas ce que je dis à la lettre. Je vais simplement essayer d’indiquer une direction de pensée à ceux qui craignent de passer pour des copieurs. En cas de doute, n’hésitez pas à user de votre bon sens ou demandez l’avis de quelqu’un d’extérieur.

Voici une formule arbitraire que j’utilise pour savoir si une illustration est authentique ou si elle risque de passer pour un plagiat :
Sur les six choix artistiques cités précédemment (outil, rendu, palette, thème, code, référence), si plus de deux de vos choix sont identiques à ceux choisis par l’auteur original, vous risquez de passer pour un plagiaire.

Pour s’inspirer d’un style ou d’un autre, il nous faudra absolument réfléchir sur ce qui nous marque dans une illustration.
Pour ma part,en général, je collecte les images qui m’ont coupé le souffle, je prends le temps de les analyser à mes heures perdues en disséquant tous les choix artistiques ainsi que les techniques utilisées.
Je passe actuellement plus de temps à analyser mes images qu’à dessiner, car je sais pertinemment que je maîtrise les bases, mais qu’il me reste bien du chemin à faire avant de trouver un style percutant.

 

Le secret réside dans l’expérimentation

Si vous ne prenez jamais de risque, à moins d’un « heureux accident », il y a de grandes probabilités pour que jamais vous ne puissiez trouver votre autonomie créative.

experimentation artistique

Parfois même une simple expérimentation de design peut changer la face du monde.

Tentez de nouveaux procédés, n’essayez pas de copier la technique du voisin à tout prix. Il est bon de s’appuyer sur les œuvres de nos mentors, mais avec modération. Sincèrement, vous n’avez rien à perdre. Profitez de vos moments de solitude pour tenter d’innover au sein de votre propre flux créatif.
Il n’est pas interdit d’étudier de temps en temps des illustrations d’auteurs que vous admirez, bien au contraire, mais ce que j’essaie de vous faire comprendre c’est qu’il faut éviter ABSOLUMENT de faire une fixation sur un artiste UNIQUE  pour essayer de lui ressembler à tout prix. En idéalisant un artiste, vous vous enfermerez dans une identité graphique qui ne vous appartient pas, et à long terme, c’est la frustration assurée.

 

Quel(s) exercice(s) pour trouver son style?

A vrai dire, il existe autant de styles que de techniques créatives, il me serait impossible de tout couvrir car chaque artiste développe son propre flux de production. Encore une fois, il faut expérimenter, mais autant vous le dire tout de suite : vous rencontrerez bien plus d’échecs que de succès. C’est le principe même de l’expérience. L’échec est notre ami inconditionnel, il nous rend plus fort. Il a bien sûr une fâcheuse tendance à anéantir une partie de notre fierté, mais le jeu en vaut sincèrement la chandelleChaque petit échec créatif nous remet sur le droit chemin.
Je me contenterai aujourd’hui de vous présenter une de mes techniques d’expérimentation favorites pour le dessin au trait: la déformation aléatoire des formes en deux dimensions. En voici les grandes lignes :

  1. Choisissez une image de référence, si possible une photo (pas un dessin, car ce dernier est déjà le produit d’une réflexion et d’une interprétation qui ne vous appartiennent pas). Ici je choisis la référence-photo d’un visage, comme je sais que la majorité d’entre vous aiment dessiner les visages humains…

    référence photo

    la référence photo d’un visage de profil

  2. Repérez les contours des formes globales et des formes secondaires.
    Je repère les formes grossières.

    Je repère les formes grossières.

    Je détaille un tout petit peu pour me donner une idée de la simplification en 2D.

    Je détaille un tout petit peu pour me donner une idée de la simplification en 2D.

  3. Dessinez au trait de façon instinctive et en simplifiant les contours des formes. Allez à l’essentiel en travaillant avec des traits les plus énergiques possibles.

    Premier croquis rapide sur lequel j'essaie de simplifier et de commencer à interpréter à ma manière. (environ 3 minutes)

    Premier croquis rapide sur lequel je commence à interpréter à ma manière (environ 4 minutes).

  4. Redessinez en vous appuyant sur le dessin de l’étape 3 mais en exagérant les courbes des contours et en essayant de simplifier les formes en deux dimensions (ne vous préoccupez pas de la perspective pour cet exercice, il s’agit purement d’un exercice de design en deux dimensions).

    Première expérimentation en essayant de pousser les formes et en réinterprétant (environ 3 min).

    Première expérimentation en essayant de pousser les formes et en réinterprétant (environ 3 min).

  5. Redessinez le dessin de l’étape 4, mais cette fois-ci en inversant les tendances des courbes de l’étape 4. Ce qui veut dire que je vais arrondir les contours anguleux et inversement.

    Deuxième expérimentation rapide en inversant simplement les courbes. Le résultat pourra vous paraître parfois bizarre, mais c'est la vie ma pauvre Lucette. Expérimenter, expérimenter, expérimenter, il n'y a que ça de vrai :)

    Deuxième expérimentation rapide en inversant simplement les courbes.
    Le résultat final pourra vous paraître bizarre, mais c’est la vie ma pauvre Lucette. Expérimenter et échouer! rien de mieux pour prendre de l’expérience :)

J’obtiens donc deux styles différents sans avoir louché sur mon voisin. J’aurais pu continuer encore et encore pour obtenir d’autres interprétations sur une même série de dessins, en ne me basant que sur une seule référence. Plutôt sympa comme expérimentation, non ? Avec ce genre d’entraînement, on peut accélérer considérablement la recherche de son propre style. Pour les dessinateurs plus expérimentés, il est bien sûr possible de jouer avec la perspective et de manipuler les formes en 3 dimensions.

 

Combien de temps pour trouver son style ?

Si vous vous posez cette question, c’est que vous n’avez pas tout-à-fait compris ce que j’ai essayé de vous expliquer dans ces derniers paragraphes.
Ce qu’il faut comprendre, c’est que notre progression ne dépend pas que du temps qui passe, mais de notre méthode et du temps que nous avons consacré à nous poser des questions et à pratiquer.
Apprendre les bases du dessin (perspective, composition, valeurs…) est nécessaire, mais une fois acquises, ces bases doivent nous servir à expérimenter jusqu’à forger notre style. La recherche du style est un combat quotidien, que l’on ne gagne pas tant que l’on s’évertue à copier bêtement les dessins des autres.
Mettre sa fierté de côté et accepter de faire des erreurs sont les conditions pour progresser et atteindre ses objectifs artistiques.
Rappelez-vous: Le travail paye toujours à long terme, et ce, dans toutes les disciplines.

Et toi qui me lis, quels sont tes exercices d’expérimentation favoris, si tu en as?

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102 commentaires pour “Comment trouver son propre style de dessin?”

  1. Virginie dit :

    Je dois admettre que ce n’est pas facile. Ton article décrit mon problème. J’essaie d’en sortir avec ma petite BD avec mon poisson mais c’est encore dur. Je crois que la pratique régulière est le remède. Je fais souvent des exercices de perspective et de construction de formes géométriques. Je dois avouer aussi que je préfère le noir et blanc à la couleur depuis quelques temps. Est-ce que c’est lié d’après toi à la recherche d’un style?

    • Pit dit :

      Salut Virginie,
      L’expérimentation en noir et blanc est tout à fait conseillée pour expérimenter son dessin au trait.
      Les couleurs viennent en général en deuxième plan. C’est tout à fait normal.

      • Vincent dit :

        Moi je tente acquérir la technique du fusain que je ne trouve pas si aisé que ça.
        Voulant travaillé dans un style paysage pas seulement nature mais également urbain, je m’aperçois que beaucoup de motifs ou détails se font à la suggération et dès lors, j’éprouve du mal à trouver le moyen d’y parvenir.
        Par la suite, j’aurai aimé y ajouter de la couleur avec du hard pastel.
        Mais j’ai beau chercher, je ne vois pas vraiment d’exemple et de manière pour travailler ces deux médiums.

        • Pit dit :

          Oui, avec le fusain il est assez difficile d’être précis, il est préférable de travailler par masses/volumes/valeurs, puis de terminer à la gomme mie de pain.
          Pas facile et salissant, c’est sûr.
          Personnellement je préfère travailler avec la tranche du fusain, et cela m’évite de dessiner trait par trait, ce qui en fusain s’avère une hérésie.

  2. Ele Nuki dit :

    Salut!

    Article très interessant. Moi j´ai pour règle d´or de ne jamais copier de dessin. Je prends une reference photo, je trace les lignes principales et je commence à broder.

    J´avoue que j´ai encore un peu de mal à combiner plusieurs references. Cela pourrait être un sujet pour ton blog :)

  3. Tapibleu dit :

    D’ailleurs en ce moment il y a une question que je me pose, est-ce vraiment important d’avoir un style? Je comprend que pour certains se soit vraiment important, mais moi j’ai toujours vu ça comme quelque chose d’assez superficiel.

    Je préfère me dire que je vais faire tel style pour expérimenter mais j’ai jamais eu en tête d’avoir un style vraiment défini. En gros j’aimerais faire autant de l’hyperréalisme que du cartoon.

    • Pit dit :

      Important non. je pense que c’est un besoin personnel plus qu’autre chose.
      Une façon à l’artiste de se sentir vivre en faisant la différence.
      Si tu n’en ressens pas le besoin c’est tant mieux j’ai envie de dire! ;)

      • Cédric I dit :

        La question à se poser, à mon avis, n’est pas de savoir s’il est important d’avoir un style ou non, mais s’il est important d’en avoir plutôt un en particulier ou plusieurs.

        Car le style, qu’on le cherche ou pas, il finit toujours par se manifester d’une manière ou d’une autre. Car même sans chercher, on a tous nos références, notre entourage, nos expériences qui le forge inconsciemment. Je dirais même qu’un style aura tendance à se manifester un peu plus vite chez quelqu’un qui ne cherche pas à le trouver que chez quelqu’un qui en fait sa priorité (il ne sera cependant peut-être pas aussi marqué du côté de celui qui ne cherches pas au final).
        S’il était possible de décider de ne pas avoir de style, alors je répondrais que oui, c’est important. Car je serais personnellement bien embêté de voir des choses identiques d’un dessinateur à l’autre (c’est en partie pourquoi je supporte de moins en moins le manga « industriel », toujours le même style qui revient).

        Quant à savoir s’il est important d’avoir un ou plusieurs styles, j’aurais tendance à dire qu’il est préférable d’en développer plusieurs (ou des variantes d’un même style) plutôt que de se cantonner à un seul.
        Ca permet une plus grande flexibilité, de pouvoir s’adapter à différentes choses.
        J’ai longtemps dessiné avec un style cartoon, parce que le principal aspect de ma personnalité c’est la rigolade (bien qu’introverti paradoxalement). Il faut avouer que si un jour il me prenait l’envie de faire une BD dramatique ou horrifique, je me retrouverais coincé avec un seul style qui évoque la rigolade (bon en un sens, je suis tellement pec que je ne pourrais pas me lancer dans un drame 100% dramatique sans partir en délire à un moment ou un autre, sous peine de déprimer, mais bref).

        • Pit dit :

          Merci pour ton partage Cédric.

          Je suis absolument d’accord avec toi sur ce point: le style vient qu’on le veuille ou non.
          Maintenant, est ce qu’il vient plus vite quand on ne le cherche pas? j’en doute vraiment. Il vient au bout d’un moment, c’est certain, mais plus vite je ne crois pas.
          La plupart des artistes que j’ai pu voir évoluer et vite trouver leur style sont ceux qui expérimentent et pratiquent le plus.
          Après j’imagine qu’il y a certaines exceptions à la règle, comme toujours, mais c’est en tout cas l’impression générale que j’ai, moi qui passe énormément de temps à suivre les artistes et à découvrir de nouveaux portfolios quotidiennement, j’ai sincèrement du mal à croire le contraire.

          Concernant le dessin de manga, à part certains mouvements graphiques coréens, comme toi j’ai vraiment du mal avec le style générique japonais. Mais il faut voir le côté « vendeur » aussi: ce style familier met en confiance immédiatement les jeunes lecteurs qui n’ont souvent rien à faire du nom du dessinateur et passent leur temps à consommer les tomes les uns après les autres. C’est un bon échappatoire à la vie d’ado.

  4. jeanluc dit :

    Merci pour cette article sympa !

    J’aime bien croquer pendant la pose du midi sur mon carnet au taf :)
    Je cherche pas de style particulier, j’essaye de me rappeler les bases !

    Le chemin du dessinateur est long est semé d’embûches et c’est ça qui fun eheh !

    • Pit dit :

      Oh que oui, c’est long et laborieux.
      Même après 9 ans je n’en vois toujours pas le bout, et d’ailleurs je crois qu’il n’y en a pas. :)

      • Jean-Luc dit :

        Je vais continué à pratiquer régulièrement :) même si je dois continué à galérer et pas dormir comme avec Vampirella lol !

        L’infini doit être le symbole du chemin artistique je pense !:)

        Merci à toi pour l’aide que tu apporte en tout cas

  5. Lucas dit :

    Salut Pit !
    Moi c’est pendant un an que je suis pas sorti de chez moi
    à dessiner ou jouer au jeux vidéos.
    Et c’est vrai que le retour à la réalité est pas facile
    (Enfin, moi j’ai 16 ans donc je suis encore qu’un gamin)
    Bref, j’aimerais bien te montrer un ou deux dessin.
    Est ce qu’il y aurait une adresse ou je pourrais te les envoyer ?
    Parce que je suis pas trop blog et tout ça.
    Merci !

    • Pit dit :

      Salut Lucas tu peux m’envoyer tes dessins sur l’adresse pit(arobase)apprendre-a-dessiner.org.
      Je ne suis pas sûr d’avoir le temps pour les commenter tous, donc envoie moi ton meilleur dessin.

  6. wardwarf dit :

    pour ma par avoir un style de dessin est s’en doute inévitable
    mais paradoxalement ça m’énerve. j’ai plus l’impression de m’enfermer justement dans un style quand je vois tous les styles artistiques qu’il y a dans le monde je voudrais tous les maitriser :)
    même si j’ai bien conscience que c’est pas possible et plus je travaillerai plus je développerai un style perso

    • Pit dit :

      Je te comprends tout à fait ce que tu ressens face à cette diversité.
      On aurait envie de tout pouvoir faire et tout connaître.
      C’est un peu comme le voyage. On aimerait découvrir différentes cultures, différentes populations, mais un jour il faut savoir se poser et trouver sa propre maison pour y vieillir. :)

  7. Zoé dit :

    Article intéressant comme toujours ^^
    Pour ma part je crois que je me rapproche un peu plus de mon style chaque jour (j’ai retrouvé des dessins datant d’il y a seulement quelques mois, j’ai eu peine à croire qu’ils étaient de moi !) et j’essaie de varier entre un style très simple de BD humoristique et un autre un peu plus « sérieux » pour voir ce que je peux faire.. C’est difficile ^^
    Mais je pense qu’il est impossible de ne pas avoir un minimum de style propre puisque cela fait entièrement partie de notre personnalité, nous sommes condamnés à être différents ;)

    • Pit dit :

      Oui il y a toujours une partie de notre style qui reste incontrôlable, et à quelque part ça nous sauve un peu. :)

  8. weiss dit :

    bonjour Pit, l’article comme toujours va aux creux du problème, et donne une route peut être pas unique, mais certainement à suivre. Je pense que ce n’est pas que pour l’art graphique, pour le chant par exemple, qu’est ce qui va différencier un  » Pavarotti  » d’un autre, ou « Brel »; l’émotion personnelle et unique que l’on va réussir à communiquer. Mais, parce qu’il y a un mais, le fait de devoir vivre de son art et de vouloir être connu le plus vite, peut amener à faire ce qui se vend et point barre. Ce qui à l’heure actuelle nivelle quelque peu l’art en général. Mais je suis sure que tout peu évoluer et nous étonner. Merci Pit, de prendre le temps de partager.

    • Pit dit :

      oui, cet article s’applique un peu à tous les arts. J’ai essayé de rester généraliste dans mes propos pour que chacun puisse y trouver des conseils applicables à sa propre discipline.

  9. Martine Tetrel dit :

    Merci, Pit, excellent article. J’ai eu des difficultés à me détacher des images conventionnelles, celles qui nous arrivent tous les jours par les médias, et faussent notre regard , et j’ai fait le black-out pour en sortir. Tout dépend de ce que nous entendons par dessin ; si on le voit bien comme une forme d’écriture, il y a moins de  » charge » liée au conformisme et au besoin de  » se dépasser » , donc moins d’appréhension. Un crayon , une feuille et la formule  » vas-y, fais quelque chose  » , n’importe quoi, un gribouillage, c’est le commencement de la reconnaissance consciente de notre petit pouvoir d’expression. Et le commencement d’une œuvre personnelle : qu’est-ce que je ressens et veux exprimer ? On peut s’imprégner de peintures rupestres ou d’alphabets inhabituels (voir lexilogos), oublier notre  » culture  » et partir de la notion  » créer  » plutôt que faire le projet de  » se montrer « … ce sera pour plus tard . L’intuition est plus riche que notre petit égo…
    Merci encore et bon printemps aux créateurs.

    • Pit dit :

      Merci Martine.
      L’intuition utilisée à bon escient peut être notre meilleure amie c’est vrai. Il faut être toutefois assez mâture pour la conscientiser et la canaliser. Ce n’est pas un exercice des plus simples si on souhaite atteindre des objectifs artistiques précis. Cependant, pour les arts comme la peinture abstraite, l’intuition devient indispensable.

  10. Michel dit :

    Bonjour Pit

    Très encourageant tes explications ; je dois dire qu’en ce qui me concerne, puisque c’est surtout le visage qui m’intéresse, l’erreur était de vouloir absolument réaliser un beau portrait avant de me mettre à dessiner des esquisses, car j’y pensais depuis longtemps.
    Subitement, le mois dernier ( va savoir pourquoi cela m’a pris d’un coup ), je me suis dit  » bah , c’est comme en tout , il faut du temps, pourquoi ne pas faire aussi des esquisses , n’Est-ce pas ce que tu aimerais aussi ? Pourquoi attendre ?  »
    Et donc, en regardant des films, ou des concerts sur internet, je mettais parfois  » arrêt sur image  » et je réalisais une esquisse en 2 minutes ( mon objectif est d’en réaliser un en une minute ).

    Bien évidemment, les débuts furent catastrophiques : ni ressemblance, ni les justes proportions. Je m’accroche, car maintenant, les proportions y sont souvent ( je suis encore très loin d’avoir de bons automatismes ) et la ressemblance ( ou du moins une certaine ressemblance ) est parfois au rendez-vous.

    Par contre, ton intervention , Pitt, m’enchante , d’une part parce que ton idée est GENIALE , comme d’habitude , car je songe depuis longtemps à réaliser au moins une BD dans ma vie. Or tu me donnes une excellente idée , qui consiste, tout de suite, une fois que l’esquisse est faite, à DEFORMER !! C’est génial !

    Pour en venir au style, je suis surpris, car je ne cherche pas à en avoir un, il existe obligatoirement, même si je n’en n’ai pas conscience, je trouve normal que chacun ait son style.

    Merci Pit !!!

    • Pit dit :

      Bonjour Michel,

      Oui, il y aura toujours cette partie inconsciente de notre art qui nous fait tend vers un style à quelque part unique.
      Mais notre partie consciente nous permet de pousser le processus au delà de nos espérances grâce à des exercices adaptés.

      Merci pour ton intervention. :)

  11. Hélie dit :

    Salut Pit !!

    Merci pour ce super article !! Il répond parfaitement à la question que je t’avais posé il y a quelques mois alors vraiment merci ! :)

    Il ne me reste plus qu’à m’y mettre, être patient et ne surtout pas me décourager.
    Merci infiniment pour ton aide !! :D

    • Pit dit :

      Oui, ça faisait bien longtemps que je voulais l’écrire cet article.
      La réflexion m’a pris un peu de temps comme tu le vois. J’ai essayé de me fixer sur l’essentiel.
      Mais c’est clair qu’il aurait encore tellement à dire sur le sujet.
      Si je t’ai donné des pistes de travail, ma mission est accomplie ;)

  12. David dit :

    Je cherche un style? je n’avais pas compris au vu du titre que tu parlais de BD, La bédé est un art à part entière, avec ses scénarios (important) son traitement de l’histoire (la position des prise de vues comme pour un film), et la façon de traité le dessin… personnellement, si je suis un gros consommateur de BD, je ne donne pas dans la production, je préfère travailler le dessin pour lui-même. Mettre par exemple Segrelles et Buscema en comparaison (je parle de graphisme couleur: le mercenaire et Weire Word) l’un est une suite de tableau, l’autre à un trait beaucoup plus vif et nerveux), et j’aime les deux!
    Un Druillet a créé un style, devenu une référence. Mais ce sont toujours des livres à lire, peut d’images (à part les Ex-libris) à afficher.

    • Pit dit :

      Salut David,
      Je ne parlais pas forcément de bande dessinée, mais simplement de « dessin au trait ».
      Mais effectivement cet article s’applique très bien à cette discipline. :)

  13. Fadil dit :

    Le style !
    Je me souviens de mes premiers dessins, je voulais faire du Franquin… Je n’y suis jamais arrivé et après du Janry… Je n’y suis jamais arrivé…
    J’ai compris qu’il fallait que je trouve mon trait et que je l’accepte comme il est !

    Merci pour l’exercice de déformation !

  14. Shadun B. dit :

    Salut Pit, j’aime beaucoup cette article, vraiment ! Moi aussi au début je copier mais quand j’ai décidé de créer mon propre style, je me suis renfermé sur moi-même ! Je me rappelle de cette époque, je travaillais dur ! Contrairement à toi qui avait déprimé quand tu as su que tu n’avais pas de style, moi c’est quand j’ai décidé de changer que je me suis renfermé, je ne parler pas beaucoup et quand on me posé des questions, je n’y répondais pas ! Je sais pas, j’avais l’impression d’être ailleurs et j’ai eu beaucoup de problème avec mes parents et pourtant je n’avais que 12 ans (cette période a duré 3 ans, 3 ans de silence et la reprise était dure). J’étais solitaire aussi ! Mon style de dessin, je le remets toujours en doute, j’ai toujours l’impression qu’il y a des choses qui ne va pas ! Et pour moi, j’ai des questions à te poser, si c’est trop demander : Quand je fais un dessin, je ne fais jamais de croquis avant ! Ce que je veux dire, c’est que je dessine principalement des personnages et je ne fais jamais de bonhomme avec des rond et des carrés avant ! Est-ce que c’est grave ? Surtout que je veux devenir Dessinatrice de BD. Et autre question, quand je fais un dessin au crayons, il a l’air mieux que quand je l’encre et que je mets la couleur. Est-ce que c’est normal ? Et, je suis souvent débordé par beaucoup d’idées de dessins et j’aimerais dessiner plus vite que la lumière. Tu aurais une idée pour que je puisse gérer cela ?

    PS : Tu as écrit cette article d’après tes propres expériences et cela rend cette article très convaincant ! ;-)

    • Pit dit :

      Ce que je veux dire, c’est que je dessine principalement des personnages et je ne fais jamais de bonhomme avec des rond et des carrés avant ! Est-ce que c’est grave ?

      Ce n’est absolument pas grave. Je connais des dessinateurs qui ne construisent pas. Cela dit, lorsque tu travailleras tes storyboards tu seras contraint à travailler avec des formes simples et à cadrer. L’inconvénient de ne pas construire ses dessins est qu’il est plus difficile de composer ses images, à moins d’anticiper comme un champion (ce que je suis incapable de faire personnellement).

      quand je fais un dessin au crayons, il a l’air mieux que quand je l’encre et que je mets la couleur. Est-ce que c’est normal ?

      Le graphite apporte de la texture et donne une certaine authenticité à ta création (c’est le côté « manuel » qui ressort).
      L’encrage est un art délicat, le trait est souvent moins vivant. C’est vraiment lié au média.
      D’ailleurs quand j’étais plus jeune, je préférais systématiquement les croquis au crayon. Donc ça ne m’étonne pas, et c’est tout à fait normal.

      Et, je suis souvent débordé par beaucoup d’idées de dessins et j’aimerais dessiner plus vite que la lumière. Tu aurais une idée pour que je puisse gérer cela ?

      Des conseils pour être plus patient? hum… il n’y a que les années et mon expérience qui m’ont rendus plus patient. J’ai aussi pratiqué pas mal la sophrologie et fait énormément de sport (j’en fais toujours beaucoup d’ailleurs) ce qui m’a bien aidé (et m’aide toujours).
      Tu parviendras à mieux canaliser ton énergie en grandissant. Mais si tu en es conscient, tu as déjà fait la moitié du travail. ^^

      • Shadun B. dit :

        Merci beaucoup d’avoir répondus à mes questions, ça fait longtemps que je voulais les posés ! Merci ! ;-)

  15. Lyla dit :

    Salut!
    Merci beaucoup pour cet article! Il donne envie de dessiner et de ne plus s’arrêter!
    Moi je voulais être illustratrice pour enfants (je le veux toujours), et je me suis mise à la recherche de mon style, en regardant ce qui se faisait dans ce domaine…je me suis plantée, mes dessins on été taxés de « scolaires ». Pendant plusieurs mois je n’avais plus réussi à dessiner. Mais après je me suis dit qu’il fallait que je me relève et que je m’améliore, que je pouvais progresser. Et j’ai noté une nette progression. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, non? ;)
    Mais même si je n’ai toujours pas trouvé mon style à moi, je n’abandonne pas. Et votre aticle va m’y aider! une grand MERCI!

  16. Annie dit :

    Merci pour cet article très intéressant !

    Moi je n’ai pas de style particulier, enfin je crois. Je peins ce qui me passe par la tête sans me poser de question et réalise des choses très diverses. Pour moi vouloir avoir un style c’est s’enfermer dans un schéma répétitif d’une chose que l’on sait faire, oui mais es t’on capable de faire autre chose ? Avoir l’esprit ouvert sur tout, sur toutes les techniques, je préfère. Et si on n’aime pas le « style » du peintre qui est en face de nous il ne reste plus grand chose. Par contre si on aime on est ravi donc tout est relatif.

    • Pit dit :

      Je vois que tu es une peintre intuitive également et c’est tant mieux si tu ne ressens pas le besoin de créer absolument ton propre style.
      Je pense toutefois qu’on peut rester ouvert à toutes les techniques et toutes les créations, tout en créant une oeuvre très personnelle et reconnaissable par d’autres.
      D’ailleurs on peut travailler sur une série d’images avec un certain style, et travailler sur une autre série avec un style différent, que l’on aura forgé au travers de l’expérimentation, de l’inspiration et de la pratique.
      Je crois en tout cas, qu’on ait tendance à travailler à l’instinct ou/et à la réflexion, que l’expérimentation est toujours la voie du salut.

  17. Kat dit :

    J’ai beaucoup aimé cet article, même si je suis trop débutante en dessin pour penser à avoir un style, et qu’en plus je suis plutôt orientée « réalisme ». Mais il est intéressant à lire et ton style d’écriture est très agréable. ;)

    D’ailleurs je constate que la tentation de recopier le style de ses auteurs préférés n’est en effet pas limitée au dessin, en écriture aussi, c’est un grand danger, et en plus, il arrive qu’on copie un style sans même se rendre compte! (Je suis une grande copieuse de styles pour l’écrit, mais là consciemment – j’adorais ces exercices où il fallait écrire la suite d’une histoire ou d’un poème, adopter le style au point qu’on ne sache plus qu’est-ce qui est de moi et qu’est-ce qui est l’original…)

    • Pit dit :

      C’est gentil Kat!

      Tu trouves que j’ai un style agréable? ça me flatte, c’est bien la première fois qu’on me dit ça.
      La vérité c’est que j’étais vraiment passable en français au lycée.
      J’ai toujours trouvé mon écriture laborieuse et mes phrases trop longues.
      C’est vrai que je parviens mieux à exprimer mes idées, et écrire des articles sur des sujets passionnants m’aide beaucoup je dois dire!

      Merci à toi. (hihi, sourire béat) :)

  18. Nicky dit :

    Merci Pit pour ce sujet qui m’interpelle…
    En ce qui me concerne, je m’inspire en général d’une photo que je j’interprete a ma façon,
    on me dit que ce soit dans mes peintures figuratives ou mes abstraits on reconnaît mon style, assez nerveux de par mon tempérament…
    une petite question cependant, comment cela se fait-il que beaucoup de personnes aiment les portraits hyperrealistes , visant plus la technique façon portraits comme une photo plutôt qu’une interprétation personnelle sans un academisme pur et dur?
    Merci de me répondre !
    Amicalement
    Nicky

    • Pit dit :

      Très bonne question Nicky.

      Souvent les débutants voient dans le photos-réalisme ce qu’ils n’ont jamais pu réaliser eux-mêmes. Ils voient ça en quantité de travail, et en nombre d’heures passées sur un dessin.
      Mais ce qu’ils ne voient pas c’est que les dessins stylisées sont bien plus difficiles à réaliser techniquement parlant et demandent des années de travail, de pratique et de réflexion. La tendance est de croire que « faire complexe » est plus difficile que « faire simple ». Mais nous savons tous les deux que c’est tout le contraire.

      • triss dit :

        La tendance est de croire que « faire complexe » est plus difficile que « faire simple ».
        ça me fait grand plaisir de lire ça! car moi aussi, comme la tendance générale, je croyais qu’il était plus difficile de faire complexe, de faire un dessin hyper-réaliste. Mais tu m’ouvres les yeux, Pit, avec ta petite phrase! En travaillant les portraits, je vois bien que ceux au trait sont bien plus durs à faire que ceux au fusain avec les ombres, qui facilitent la ressemblance.Et en fait, pour « styliser », il faut faire un choix entre le trait que tu vas garder et celui que tu vas abandonner pour « simplifier » le dessin … L’exemple idéal, c’est Tintin, si simple dans ses traits et qui se reconnait entre mille!

  19. Sandrine Maret dit :

    Bonjour Pit.
    J’ai lu très attentivement ton article car c’est un sujet qui me préoccupe beaucoup. Les commentaires des personnes et tes réponses enrichissent aussi considérable ton article. Je trouve ta réflexion sur le sujet vraiment très bien, très vrai ! Et aussi très motivant pour travailler encore plus.
    Je fais parti de ces personnes qui cherchent et ne trouvent pas ou qui trouve, mais seulement en partie, son style. Je dessine depuis très longtemps, plus ou moins régulièrement . Je pense avoir aquis un style en dessin ( je dessine d’après modèle vivant depuis des années maintenant ) les gens disent reconnaître mon style. Bon, jusque-là très bien ! Seulement j’aimerais beaucoup être capable d’illustrer des textes qui me plaisent, illustrer des histoire pour enfant et la ça cloche, car sans modèle je suis perdu. Sans molede vivant mon style desparait. Je suis incapable de dessiner d’imagination, de donner un caractère et un mouvement à un personnage sans un modèle devant les yeux et c’est très très frustrant.
    Mais une chose m’a donner l’espoir d’y arriver un de ces jours, ce sont les défis que tu lances sur le blog « apprendre à dessiner ». Ils me permettent justement de chercher, même si ce n’est pas facile, une solution d’une illustration sur des sujets dévers. Pour moi, c’est un petit travail essentiel qui me fait réfléchir et qui me force à aller jusqu’au bout, jusqu’à un résultat final. C’est génial !
    Ton article donner des solutions que j’appliquerai sans hésiter à partir d’aujourd’hui.
    Merci beaucoup pour cet article.

    • Pit dit :

      Salut Sandrine,

      Je suis vraiment content que les évènements que j’organise t’aident à avancer.
      Il est tout à fait possible de conserver son style même en s’appuyant sur des références photos.
      C’est la façon dont tu vas interpréter la photo qui va créer ton style graphique.
      Même si c’est vrai que pour du dessin d’imagination pur, le style vient beaucoup plus facilement, je crois que le dessin d’après référence reste indispensable tout au long de la vie d’un dessinateur. Et ce n’est pas une honte de s’aider de références. Cela dit, interpréter une photo à sa sauce nécessite une profonde connaissance de la perspective et du design, car pour déformer et modeler les formes comme on l’entend il avoir acquis pas mal d’expérience et de capacité d’anticipation…

      C’est moi qui te remercie.

  20. Lauginie Guillemette dit :

    Très bel article Pit, comme d’habitude.

    A vrai dire, j’ai enormément de style different, je fais des choses qui se ressemble absolument pas. On pourrait même croire que plusieurs artistes sont passé dans mon bloc a dessin !
    Je ne c’est pas si je dois continuer que dans 1 seul style, ou tout faire …

    Merci encore Pit !

  21. Robin19 dit :

    Mouais je suis pas tout à fait d’accord avec ta vision de la chose. Le style c’est pas un truc qui se trouve au fil du temps etc .. Même quelqu’un qui n’a pas beaucoup d’expérience en dessin à un style je crois. Dans l’association dans laquelle je fais du dessin, lorsque l’on nous donne un exercice de portrait à partir d’une photo, chaque personne va l’interpréter différemment alors qu’il s’agit de la même photo, et je pouvais même dire qui avait fait quoi car je connais la façon dont il dessine et même pour les grands débutants ! D’ailleurs même à la maternelle les gosses de 4 ans ont leur façon de dessiner. On part pas d’un point A pour arriver à un point B qui serait le style parfait que nous voudrions avoir. Le style que l’on a dépend de nos inspirations et tout un tas de trucs et il évolue sans cesse, sans cesse, sans cesse … Même les plus grands artistes qu’est connu l’histoire ont un style qui évolue de façon permanente. Donc je crois pas qu’il n’y est de style à trouver pour qui que e soit, le style reflète simplement une partie de nous à un moment donné ..
    Je l’ai déjà dit plus haut je crois mais le style dépend énormément de nos inspirations, exemple : j’apprécie le dessinateur A le dessinateur B et le dessinateur C et je vais avoir une façon de dessiner qui ressemblera à A+B+C = D.
    Et ça dépend bien sûr de pleins d’autres facteurs, les personnes que l’on cotoie tous les jours, l’environnement dans lequel on vit … une part de notre personnalité quoi ..
    Je sais pas si tu es d’accord mais je le vois comme ça :) Donc à l’heure qu’il est tu as déjà ton style qui n’est pas le même que hier et différent de demain également ! Il représente juste une partie de ce que tu es en ce moment même :)

    • Pit dit :

      Je suis tout à fait d’accord avec toi.
      Je n’ai pas compris en quoi tu n’étais « pas tout à fait d’accord ».
      As-tu bien pris le temps de lire la totalité de l’article?

      En résumé ce que je dis: Le style vient qu’on le veuille ou non. C’est juste qu’on peut accélérer le phénomène avec des exercices adaptés, et qu’il est possible de s’imprégner raisonnablement des oeuvres que nous admirons.
      Ni plus ni moins.

      • Robin19 dit :

        Hum .. ce que je dis dans mon commentaire n’est pas la même chose que dans ton article. Et tout comme tu viens encore de me le répéter tu crois toi que le style viens au bout d’un moment. Hors c’est faux ! Le style c’est toi, tu as un style depuis que tu sais tenir un crayon, depuis que ton cerveau est influencé par des choses ! Il n’y a aucun processus à accéléré ni style à chercher ni quoi que ce soit, seul la technique ce travaille. Le style c’est toi a un moment donné en fonction de ce que tu aimes de tes expériences dans la vie etc .. Tu n’auras pas plus de style dans 10 ans qu’aujourd’hui Pit c’est ça que je veux dire, il sera juste différent car tes sources seront différentes.

        • Pit dit :

          Je vois où tu veux en venir et je te remercie de soulever ce point très intéressant.

          Pour ma part, « identité graphique » et « style graphique » ne représentent pas tout à fait la même chose. Je crois que nos définitions divergent d’entrée de jeu et c’est pour cette raison qu’il y a sujet à controverse (mais honnêtement, je ne suis pas certain qu’il y ait assez de matière pour faire débat).

          Ce que je sous-entends par « style graphique », c’est un « style graphique reconnaissable et esthétique« .
          C’est ma façon (conformiste je dois l’avouer) de dire: « c’est bien de prendre le temps de comprendre ce qui plaît à nos semblables à un temps ‘t’, et de chercher consciemment à creuser notre différence graphique, plutôt que de travailler dans son coin en portant des oeillères et sans trop prendre la peine de réfléchir, jusqu’au moment de s’apercevoir que personne ne s’intéresse à notre travail parce qu’on aurait choisi les mauvais ingrédients ».
          Oui, parler d' »ingrédients » en art, c’est mal, car l’art devrait être assimilé à la Liberté avec un grand L. Pourtant notre liberté s’arrête où celle des autres commence (Rousseau?).
          Cela dit, chacun est libre de produire ce qu’il souhaite dans son coin, sans attentes égocentriques. C’est mon avis en tant que graphiste professionnel, rien d’autre. Il serait hypocrite d’affirmer que les artistes ne souhaitent pas se démarquer.

          A moins d’être un génie ou un être extrêmement chanceux/instinctif, mince est la probabilité de rencontrer un franc succès si on travaille tout à l’instinct et au petit bonheur la chance.
          Dans cet article, Je m’adresse au commun des mortels qui se demandent comment se différencier artistiquement des autres, tout en restant un minimum esthétique et conforme.
          Attention, je ne dis pas qu’il est impossible de trouver le succès quand on est un anti-conformiste. Je dis juste que c’est extrêmement rare. En général, les humains apprécient qu’on les surprenne, mais pas trop. Il y a une limite à tout.

          Un example: L’autre jour j’ai vu sur Youtube un artiste qui peignait avec ses excréments, en enfonçant un pinceau dans son anus (non non, je ne plaisante pas!). Il a choisi un média fort peu appréciable pour essayer de se démarquer. Il y est arrivé! félicitation. Mais est-ce qu’il va pouvoir trouver son public? ou vendre ses toiles? hum, difficile à dire. Tu t’imagines encadrer une de ses toiles chez toi? En tout cas c’est pas ma tasse de thé (sans parler de l’odeur). Pour moi, il a clairement dépassé les limites, surtout qu’il a peint « en direct » dans une galerie…bref.

          C’est parce que la plupart d’entre nous avons besoin de reconnaissance sociale (qu’on le veuille ou non), à moins d’être un marginal un peu barré et peu intéressé par ce que les autres pensent de nous (ce qui pour moi reste un comportement inadapté, mais passons, pourquoi pas ;) )…
          Ce que j’essaie de dire, c’est que nous avons le choix de refuser que ce soit le hasard qui décide de notre chemin graphique. Nous ne sommes pas inspirés qu’inconsciemment. L’être humain est capable de s’imprégner volontairement d’une ou de plusieurs oeuvres. C’est un apprentissage visuel et cognitif. Je ne remets pas en cause la partie inconsciente de la créativité, encore une fois.

          Mais quand tu dis: Il n’y a aucun processus à accéléré ni style à chercher ni quoi que ce soit, seul la technique ce travaille
          Tu peux essayer de répéter cette phrase à un designer professionnel qui essaie de se démarquer de ses concurrents, par exemple. Je ne suis pas sûr qu’il aille dans ton sens. La recherche de style dépend de ce qui a déjà été fait et des tendances historiques. Lorsqu’il y a un enjeu, le référentiel n’est pas tout à fait le même. Ici l’enjeu c’est de tendre vers une identité graphique différente, d’accord, mais assez esthétique pour être appréciable par une majorité.

          La plupart des artistes amateurs misent bien souvent tout sur la technique et les outils, et n’accordent pas assez de temps à la recherche d’idée. Inutile de demander pourquoi ils ne trouvent pas leur public. Je crois qu’il est important de se demander en quoi une oeuvre est si puissante, et bien souvent l’idée et la mise en forme y jouent pour beaucoup.
          Le public moyen n’a que faire de la technique ou de l’outil utilisé. Ce qui compte c’est le résultat final. Croire que le spectateur moyen pense comme un apprenti artiste est une erreur.
          L’apprenti dessinateur est obnubilé par la technique et est un pur technicien. Il consomme le matériel comme si c’était la voie du salut (je pensais ça au début aussi). Pourquoi crois-tu que je m’évertue à dire à mes lecteurs que pour apprendre à dessiner, il suffit d’un papier machine et un crayon, rien de plus. Qui n’a pas été tenté au début de prendre un pinceau ou du fusain, et de croire que grâce à cet outil notre style va changer du tout au tout. Effectivement notre trait changera par sa nature, mais l’intention restera pauvre, et ça laissera transparaitre irrémédiablement sur le résultat final.

          Voilà, c’était simplement pour préciser l’arrière de ma pensée et pour définir les termes. On pourrait philosopher pendant des heures sur le sujet.

          Au final je crois que le style peut être divisée en deux parties:
          partie consciente: état d’esprit/recherches conscientisées/savoir-faire conscient/outils utilisés/environnement…
          partie inconsciente: perceptions inconscientes/caractère/humeur/signaux environnementaux/savoir non conscientisé…

          Si la recherche d’esthétisme est perçue comme égocentrée par certains, alors j’assume à 100% mon égocentrisme! :D
          Soigner son égo est à quelque part une dimension de l’amour propre. Et sans un amour propre décent, il est difficile d’aimer son prochain.
          Si une personne équilibrée prend du temps pour cultiver son amour propre dans le respect de son prochain, je ne vois pas le problème. Enfin ce n’est que mon avis.

          Chacun choisit sa voie. Je ne souhaite que montrer le chemin à ceux qui en ont besoin et partager ma petite expérience, rien de plus.

          Pour autant, je respecte ton point de vue et ta perception du style. ;)

  22. Robin19 dit :

    D’accord, tout d’abord je te remercie pour la réponse très complète que tu m’as fournie (tu as du y passer du temps mon dieu !!)
    En fait, maintenant je comprend beaucoup mieux ce que tu veux dire, car tu as quand même bien plus approfondi ton propos que dans ton article. Ce que tu dis là est vrai je pense, je suis sûrement allé trop à l’extrême dans mon commentaire de ce que tu avais dit dans ton article car j’avais l’impression que ce que tu disais c’était « Le style au début tu l’as pas, mais à force tu le trouves ». Détaillé de la façon dont tu vies de le faire c’est beaucoup mieux ! :) Après le truc c’est que même quand tu regardes le travail de peintres et illustrateurs pro, dans un grande majorité tu vas retrouver dans leur style quelque chose que tu as déjà vu quelque part (si ce n’est pas le cas peut-être est-ce parce que tu ne connais pas bien leurs références), surtout à notre époque où l’on a l’impression que tout a été inventé avec internet entre autre qui permet de voir le travail de n’importe qui sur Terre. Le truc c’est que avoir un style unique au monde jamais vu nulle part ailleurs reviendrai presque à inventer un nouveau mouvement artistique, exemple : Picasso qui invente le cubisme on peut clairement dire que c’était vu nulle part ailleurs. Alors on aura beau dire et c’est vrai que la technique s’apprend, mais pour ce qui est du style là on peut clairement parler de talent, tout le monde n’est pas Picasso et il suffit pas de travailler à trouver un style pour y parvenir.
    En fait cette question ne se pose pas seulement en dessin mais pour tout, musique, écriture etc… C’est pour cela que je trouve un peu bateau de dire qu’en bossant à force on trouve un style ou même que ça peut venir tout seul etc..
    Parce que je le redis mais le style en réalité, même les gamins de 4 ans en ont un, un gamin utilisera toujours ses mêmes code pour dessiner un bonhomme par exemple.
    Après le dessin c’est un peu la recherche de l’inaccessible aussi mais ça je suis sûr que tu est d’accord avec moi, donc sans doute que le style que tu recherches tu ne le trouveras jamais, c’est frustrant mais c’est ce qui fait avancer :)

    • Pit dit :

      Parce que je le redis mais le style en réalité, même les gamins de 4 ans en ont un

      Ayant une maman institutrice retraitée, je sais que ce que tu dis est vrai. En côtoyant régulièrement sa classe, je pouvais reconnaitre qui avait fait quoi.
      Mais objectivement tout était inesthétique et pas forcément agréable à l’oeil. Donc oui ils avaient leurs identités graphiques propres (ce que je n’ose appeler style). ;)

      • Robin19 dit :

        Oui, c’est inesthétique car il leur manque la technique. Mais bon, franchement je préfère largement le style de l’enfant de 4 ans qui est personnel plutôt que celui du gamin de 15 ans qui recopie bêtement ses mangas .. ^^ Bref on va pas discuter de ça pendant des siècles haha ^^ Enfin du moins ça prouve la complexité du sujet auquel tu t’es attaqué avec cet article, si ça se trouve on se plante tous les deux ! ^^

        • Pit dit :

          je préfère largement le style de l’enfant de 4 ans qui est personnel plutôt que celui du gamin de 15 ans qui recopie bêtement ses mangas

          Tout à fait d’accord! :)

          Enfin du moins ça prouve la complexité du sujet auquel tu t’es attaqué avec cet article

          Oui c’est un gros morceau. C’est bien pour cette raison que l’article a trainé des mois sur mon bureau. J’étais un peu fébrile sur le coup :D
          La discussion était enrichissante en tout cas. Merci à toi.

  23. sandra dit :

    Bonjour Pit,

    Pour ce qui est du style c’est quelque chose que je recherche aussi même si je ne suis encore que débutante….

    Pour ma part, d’instinct, je dirais que l’on trouve son propre style en explorant des styles différents (pas seulement l’unique auteur que l’on aime) et je pense qu’il y a du bon à prendre partout…De même alterner dessins théoriques et petits croquis ou improvisations me semble un bon moyen pour se trouver petit à petit… c’est ma façon de voir même si je n’ai pas encore trouvé mon propre style, mais il faut garder l’espoir ^^ ça fait vivre !!!

    • Pit dit :

      Salut Sandra.
      Il est courant que certains débutants fassent une fixation sur un seul artiste en particulier.
      Je préfère avertir plutôt que guérir ;)

  24. loopinggg dit :

    Merci pour cet article, c’est vraiment la réflexion que je me fais…
    n’ayant pas toujours le temps de dessiner et n’ayant pas vraiment un style donc un but; enfin je le vois comme cela, je vais et je viens vers le dessin avec des moment d’envie et d’autres pas.
    depouis que je me suis remis à l’aérographe certes je suis constant dans mes réa mais ce ne sont que des copies de perso déjà existant ( pour l’instant les  » Monster High » )ton article et bien que n’aaynt encore lu que les premières lignes m’interpelle vraiment.
    A suivre et encore merci pour ce partage

  25. Henley dit :

    Salut Pit!

    Un très bon article, encore une fois.
    Et je dois dire que je me reconnais totalement dans la présentation pathétique du début; c’est moi :(
    Je cherche à acquérir le style Disney-type, du coup je copie et recopie les dessins des animateurs de la firmes mais rien à faire, j’ai l’impression de comme toi il ya des années, simplement donner l’illusion de savoir dessiner, plagiant ce style qui n’est pas le mien.
    Pourtant, j’ai plusieurs références, mais j’arrive pas à donner une identité propre à mes dessins, leur donner un plus… Que faire!
    O rage! O désespoir! Je dessine pourtant, mais je veux faire mieux. Je peux faire mieux, mais j’ail ‘impression que quoi que je fasse ,je resterai un petit plagieur, et à quoi bon inventer un style, puisque c’est le style cartoon-disney qui me plait? Et je tourne en rond… :(
    Que faire si il y a un style qu’on veut maitriser sans pour autant paraitre copieur?

    Merci!

    Et rien à voir; mais les animateurs dont je suis fan utilisent des crayons qui leurs permettent d’avoir des noirs très noirs, j’ai beau chercher, je ne sais pas comment avoir le même rendu, et quel est ce crayon; un crayon/mine spécial(e), ou juste un crayon gras 8B et plus? Dans tes vidéos, il me semble que tu as le même genre de crayon, un porte mine.
    Merci encore!

    • Pit dit :

      Et rien à voir; mais les animateurs dont je suis fan utilisent des crayons qui leurs permettent d’avoir des noirs très noirs, j’ai beau chercher, je ne sais pas comment avoir le même rendu, et quel est ce crayon; un crayon/mine spécial(e), ou juste un crayon gras 8B et plus?
      Salut Quentin, ce qu’il te faut c’est le conté pierre noire. Je ne l’utilise pas personnellement (j’utilise des mines cretacolor).

      • Henley dit :

        Merci, je regarde ça!

        Et une autre question: Il vaut mieux assimiler le style graphique de plusieurs animateurs avant de commencer à chercher son propre style, ou il faut tout de suite chercher à se démarquer?

        • Pit dit :

          Je ne suis pas certain d’avoir compris ta question.

          Je ne sais pas ce que tu entends par « assimiler », je parlerais plutôt d' »imprégnation artistique ».
          Et puis quand tu dis « il faut », je te réponds « non, il ne FAUT PAS ».
          C’est un choix personnel que de vouloir se démarquer. Tout dépend de tes objectifs initiaux.

          Certains artistes amateurs n’attendent aucune reconnaissance des autres (voir le fil de discussion plus haut), et donc ne cherchent pas le style, ils le laissent venir à eux, ils ne forcent rien.
          Après pour un professionnel c’est une quasi-nécessité, car c’est une question de survie dans ce vaste monde.

          Donc il faut te fixer tes propres objectifs. Si tu veux t’imprégner de l’oeuvre d’animateur de chez Disney par exemple, je te suggère de toujours garder des images à portée, et de noter ce qui te plaît chez chacun d’entre eux.
          De cette façon, tu pourras rédiger tes propres objectifs.
          Aussi, ce que je fais, c’est que je garde toujours un dossier sur mon disque dur, mon portable et tous mes appareils, de 10 images.
          Ces 10 images sont pour moi ce vers quoi je veux tendre, et sont de 10 artistes différents.
          Dès que tu as trouvé une image qui est mieux que dans ton top 10, tu en remplaces ton image « coup de coeur » par une autre de ton dossier.

          Tu vois où je veux en venir?
          Dans ces conditions tes objectifs restent adaptables, car les goûts changent très vite, surtout quand on passe beaucoup de temps à dessiner. :)

  26. HP37 dit :

    Merci pour ton article, il est très bien fait et je te suis dessus :)
    Je suis – je crois – aussi à la recherche de mon style. Je retrouve dans tous mes dessins des formes rondes, de toutes tailles et épaisseurs. Ça signifie quelque chose de particulier ? Et je vois nettement la différence des dessins que je peux faire en cours ou chez moi, avec un but précis ou sans. Depuis quelques temps, je met mets à la caricature, mais j’ai, et j’essaye, divers types de dessins. Je dessine plutôt rapidement, et donne une histoire, un sens, une émotion à mes dessins. Je préfère des dessins qui peuvent paraitre « simplistes » (enfin, je ne sais pas vraiment comment l’expliquer, mais des dessins que l’on pourrait retrouver dans des bandes dessinées, des dessins personnels qui ont un sens) que de dessiner des mangas en essayant de reproduire trait pour trait le modèle… On peut trouver un style plus beau que l’autre, mais je pars du principe que je dessine avant tout pour me faire plaisir, et que la critique des autres passe après ! Je dessine la plupart du temps avec un simple crayon de bois, sans gomme, sur des feuilles blanches. Il me reste encore beaucoup à apprendre, mais ça fait un tel bien de dessiner !
    Voilà, encore merci pour ton article !

    • Pit dit :

      Je retrouve dans tous mes dessins des formes rondes, de toutes tailles et épaisseurs. Ça signifie quelque chose de particulier ?
      C’est un peu comme demander si les rêves ont un sens particulier. Certains te diront que oui, d’autres que non.
      Il est difficile de donner un sens précis à ce que le subconscient nous fait faire. ;)
      Personnellement, je pense que les styles à formes rondes sont moins affirmés que ceux à formes anguleuses, pour la simple et bonne raison que les enfants ont tendance à dessiner plus naturellement des ronds que des carrés.
      On a tendance inconsciemment à arrondir les formes, c’est plus fort que nous. C’est un phénomène très courant chez les débutants qui ne comprennent souvent pas les formes qu’ils dessinent, et plutôt que d’affirmer un angle, ils « préfèreront » l’arrondir par peur de se tromper.
      Cela dit, ce n’est pas incompatible avec la recherche d’un style.
      Il suffit d’observer les travaux de Hayao Miyazaki (pour ne citer que lui) pour s’en rendre compte. ;)

  27. Jean-François dit :

    Un style réaliste ne signifie pas être unique. Il y a différentes façons de le chercher, en jouant sur les valeurs, la lumière, l’épaisseur des traits, les médiums, le choix des tons de gris ou des couleurs. C’est comme la photographie : il y a une multitude de manières de représenter la réalité.

    • Pit dit :

      Je pense que plus on s’approche d’un style réaliste, et plus il est difficile de se démarquer graphiquement parlant.
      En conséquence, il est bien plus simple de se démarquer en dessin qu’en photographie.

      • Jean-François dit :

        Oui, bien sûr, c’est ce que les impressionnistes l’ont fait quand la photographie est née. Ils ont commencé par changer la lumière, les effets de matière pour s’en démarquer. Mais il y a encore une part de réalisme, de figuration. Le style graphique, comme tu dis, est une notion qui est apparue à la naissance de la bande dessinée. Ce sont deux univers différents et passionnants à la fois.

        • Pit dit :

          Avec la bande dessinée? je ne pourrais être aussi affirmatif.
          La recherche de style graphique semble dater de bien plus longtemps, mais sous une forme/dénomination différente: le mouvement artistique.
          Cela dit, j’avoue que je suis loin d’être un spécialiste de l’histoire des Beaux Arts.
          Bien sûr la notion de design graphique est plus récente c’est vrai, mais cette recherche d’identité picturale ne date pas d’hier.

          Ce qui est sûr c’est que le dessin d’illustration et la photographie sont tout à fait complémentaires, tout comme la cinématographie et la bande dessinée.

  28. Eliott dit :

    Yop Pit ! Déjà, Vraiment chapeau jusqu’au sol pour tout le travail fourni sur la réalisation de ce blog. Je le conseille à tout mes amis ! ^^ Mais plus particulièrement, mon plus gros problème (en dehors du manque de style qui se comble grâce à toi grazie !!) est la mécanique des vêtements. Soit mes habits ressemblent à de vieux chiffons, soit j’ai l’impression qu’ils sont trop épurés . Je voudrais faire de beaux plis ;-; après, peut être qu’il y a un article sur le blog caché (pourtant j’ai regardé de fond en comble, alors si il y a, pardon de tout coeur), mais cela pourrait être une idée pour un prochain sujet ? ;) allez, merci encore !!

    • Pit dit :

      C’est en effet prévu dans les prochains articles. ;)
      Ce sera un gros morceau, donc ça risque de me prendre un peu de temps, peut-être cet été si tout se passe bien. J’aurais un peu plus de temps à consacrer au blog.

  29. Chrome dit :

    Superbe article, merci pour ce partage (de savoir! :D)

  30. Alexandra Histidine dit :

    Mon style, quel qu’il soit, est une signature. Comment est-il venu ? Dans ma zone de confort, justement. C’est en pratiquant sur ce que je savais pratiquer que j’ai pu m’épanouir et m’approprier des traits, des détails… Je pense que chacun s’approprie son art comme il le peut, mais la zone de confort est une grande aide de mon point de vue.

    • Pit dit :

      Oui je vois ce que tu veux dire Alexandra.
      La zone de confort est indispensable dans la vie d’un dessinateur, je n’ai aucun sur ce point. On a tous besoin de se sentir à l’aise sur le papier à un moment ou à un autre.
      Mais c’est surtout pour évoluer qu’elle n’aide pas trop à mon avis.

  31. Marie dit :

    Bonjour Pit ! J’ai lu ton article, mais je ne te connaissais pas avant. Il est vraiment génial. Je suis vraiment très jeune (-20 ans) et je suis à la recherche de mon style. Tout comme tu l’a décrit, j’ai pendant près de 4 ans copié le style d’une idole, jusqu’à me rendre compte que ça ne servait à rien. A quoi bon copier ? Je voulais mon propre style. Alors j’ai dérivé vers d’autres artistes. Grossièrement dit, au final, j’ai mélangé le tout. Mais là encore, ce style ne me ressemblais pas. Je suis encore à la recherche de mon style, mais je sens que j’y parviens. Mes traits se précises, mon style se confirme… bref, je ne désespère pas. Je suis encore jeune ! ^^ M’enfin bon, merci pour ton article qui m’aide beaucoup. Je me sens moins seule. (J’ai eu mes périodes de solitude à dessiner dans ma chambre… moi aussi mes amies m’appelle petit ours, je ne plaisante pas!!)
    Encore merci !

    • Pit dit :

      Petit ours?
      ben bienvenue dans le club des ours qui s’assument ;)

      Merci pour ton com Marie.

      • Marie dit :

        Oui, quand on est ours, il faut savoir assumer ! Le seul problème c’est l’hibernation, pas pratique pratique quand on a du boulot…
        Bref, je voulais te poser une question: Effectivement, j’assume mon côté ours, mais ce que je n’arrive pas à assumer, c’est mon style de dessin. En ce moment, je pense l’avoir trouvé, il me plaît, je suis à l’aise avec lui. Seul problème : je n’arrive pas à l’assumer. Je t’explique : Au départ, je dessinais dans le style « Sandrine Gestin », que j’admire beaucoup, mais j’ai fini par laisser tomber, ça ne me convenait pas. Je me suis rapprochée du style « manga », qui me plaisait. Mes dessins de manga plaisaient aussi à mes amies(qui sont 8, ce qui représente une bonne majorité d’avis extérieur), à qui mes oeuvres plaisaient (c’est ce qu’elles me disaient), mais je me suis vite rendue compte que ce n’était pas vraiment mon genre de dessiner du manga. Alors j’ai crée mon propre style. Mais celui-ci plaît beaucoup moins à mes amies, alors je me bloque. Je veux l’assumer, il me plaît, mais si un dessin n’est pas plaisant aux yeux des autres, à quoi bon partager son art ? Hors, moi, je veux le partager. Mais mon nouveau style ne plaît pas vraiment aux autres… Alors je ne sais pas quoi faire, assumer et garder mes dessins pour moi, ou continuer le manga (que j’aimais tout de même bien) et qui plaît aux autres ? Peux-tu m’aider ?
        J’espère que tu auras compris ce loooong message. :s

        • Pit dit :

          Je pense que tu devrais d’abord dessiner pour toi, et si le chemin que tu empreintes te plaît, je dis fonce.
          Je suis sûr que tu trouveras ton public, peut être pas dans tes amis mais le monde est vaste ;)
          Tu peux continuer ton manga à côté tout en développant un style illustratif tout autre.
          Ce n’est pas du tout incompatible.

  32. Marie dit :

    Oui, tu as raison, un jour je trouverais les personnes qui apprécieront, mais il est vrai que c’est plaisant de savoir que nos amis aiment ce que l’on dessine, parce que ça encourage, et je pense qu’un dessinateur, pour réussir, doit se sentir soutenu et encouragé, surtout chez les gens comme moi qui n’ont aucune confiance en soi –‘. Mais des fois il faut faire sans aide. Eh bien je ferais sans, ça paiera un jour ! :)
    Merci pour ton conseil et pour avoir répondu, Pit !

    • Pit dit :

      Tu vas te découvrir Marie et gagner un peu plus confiance progressivement, à mesure que tu feras des progrès.
      Laisse-toi le temps et dessine avant tout pour toi, et ensuite pour les autres.
      Une passion, c’est avant tout pour se retrouver et se connaître soi-même.
      Le reconnaissance des autres, c’est le bonus et la récompense d’un travail régulier. ;)

  33. Andréa dit :

    Coucou, j’ai trouvé cet article très intéressant. Bravo!
    Je me penche sur le problème du style depuis peu.
    Je suis une ado et je suis pas encore reconnue comme artiste.
    Mais j’ai un blog, je voulais partager mes dessins… J’adore cette notion de partage.
    Enfin bref, dernièrement j’ai reçu un message d’une artiste, me disant que je copiais trop ce que je voyais, que je n’avais pas ‘mon style’, ‘ma patte’…
    Du coup j’ai l’impression de ne rien pouvoir faire… Je me sens nulle…
    Est-ce normal?

    • Pit dit :

      Se sentir nul? oh que oui c’est normal.
      Mais vu que tu es jeune, tu vas prendre confiance en toi.
      Je te conseille de fouiller le blog et de lire tous les articles.
      Ça va te booster un peu.

  34. vik dit :

    je dessine depuis super longtemps mais en lisant ton blog je me rend comte que je copie trop
    je me suis servi de ton aide mais j’arrive pas a dessiner en m’inspirant juste de photo
    en gros je sais que dessiner en recopiant tu a pas une solution s’il te plait parceque j’en ai vraiment besoin même si j’ai que 13 ans je suis fan du dessin alors aidez moi s’il vous plait

    • Pit dit :

      Salut Vik,

      Essaie de t’entrainer déjà à faire des dessins de mémoire, comme expliqué ici.

      Sinon lis bien tous les articles du blog (et les commentaires), tu trouveras d’autres conseils qui te serviront sûrement.

  35. vik dit :

    merci je vais m’entrainer

  36. Madame F. dit :

    super article !

    y a pas à dire c’est vraiment le cerveau qui dessine !
    c’est vraiment pas facile de trouver son style, soit parce qu’on aime tellement le travail des autres, soit parce qu’on est vraiment dans la « reproduction » de ce que l’on voit.
    Un truc récent qui m’aide beaucoup c’est de faire 50/50 entre ce que je vois et ce que je ressens, et je m’attarde à trouver le moyen de faire ressentir aux autres les mêmes choses, c’est le moment où je vais essayer de réunir toutes mes connaissances : couleurs, cadrage, lettrage, style et j’en passe.
    ça prend du temps parce qu’il faut expérimenter toutes, non pas toutes, un maximum de ces choses, pour en retirer un peu de savoir-faire, les mémoriser, les comprendre et ainsi en faire de vrais outils que l’on sortira + rapidement au moment voulu.
    ça veut dire lire, voir, écouter tous les supports qui font passer des émotions, des ambiances, les analyser « ah tiens là je trouve qu’on ressent bien la solitude du personnage, pourquoi ? comment ? »

    Donc si je peux proposer un exercice :

    Choisir une « scène », quelque chose qui est raccord avec votre humeur, ou au contraire même à l’opposé !
    ça peut être un personnage, ça peut être un décor, ça peut être complètement abstrait, on s’en fiche l’important c’est de se sentir libre d’exprimer quelque chose, peinture ? crayon ? stylo bille ? plume ? encre ? pastel ? feutre ? un mélange de tout ça ?
    Avec cet exercice on finit par acquérir un peu d’expérience et de savoir faire, on sait ce qui pour nous exprime le mieux telle ou telle chose, on sait comment en utilisant un même outil différemment on obtient des effets variés qui serviront au mieux le propos (même quand il n’y a pas de mot).

    Je crois pas que le style se résume à se demander si on aura plus un style manga ou un style réaliste, est ce que je mets un gros nez à tous mes personnages ? Non je crois que si on met un gros nez à un personnage ça doit avoir un sens pour le dessinateur.

    Là où je trouve que ça peut rapidement être « encombrant » c’est quand le style est tellement personnel que le public n’arrive pas à le comprendre. Tout dépend du « domaine » dans lequel on évolue. Autant l’art contemporain tolère et possède un public sensible au style abstrait et conceptuel, autant je doute qu’une bd dans la même sensibilité trouve un public aussi large ! sauf si l’auteur cherche délibérément à semer la confusion !

    Trouve son style pour moi c’est construire déconstruire construire déconstruire … tout le temps !

  37. Ema dit :

    Merci pour cet article une fois de plus très intéressant, complet et particulièrement utile !

  38. Xavier dit :

    Salut comment puis je me défaire du dessin manga, dans ma formation on me demande d aller vers un style plus personnel, en même temps je trouve que le manga à différant style…. Puis je ne dessne que sa depuis tout petit, que me conseil tu pour aller vers un style plus personnel…? A savoir que Grace a ton site je ne dessine plus ou presque par copie…. Beaucoup par referance, énormément d imagination, donc heu… Je te laisse la parole

    • Pit dit :

      Le manga est un vaste sujet et caractérise un format de livre plutôt qu’un style de dessin.
      Pour trouver son style il vaut commencer ou recommencer à dessiner d’après nature ou d’après photo

      • Xavier dit :

        Merci, je vais recommencer et quand j y arriverais je te ferai signe sur la communauté pour que tu puisses voire la differance aller courage moussaillon les codes du mangas je les laisse de côté un moment pour apprendre à mieux naviguer, mais si je tombe au moins j apprenderai a nager a plus merci

  39. marigny dit :

    Il sont très beau les dessin

  40. dravo49 dit :

    Agréable et intéressant à lire parce que sincère et expérimenté ; bon je suis tombé là parce que j’ai dans l’idée de faire l’une ou l’autre petite histoire avec dessins pour mes petits enfants ; (je peux inventer une histoire n’importe quand et ou) , l’écrire , mais pour l’illustrer , là je démarre de zéro , sauf ce site…
    bizarre et curieux , mais maintenant j’éprouve même une petite appréhension à dessiner et créer Jojo ou Clarinette …(2 héros)
    Den

    • Pit dit :

      Ce qui est bien avec les livres pour enfants, c’est qu’ils ne demandent pas autant de technique que des livres pour adultes (je ne parle pas de techniques narratives, mais de techniques graphiques). Bien sûr il n’est pas facile de commencer de zéro. Je suis sûr que Jojo et Clarinette trouveront leur voies d’une façon ou d’une autre.

      • LexinePwns dit :

        Pas d’accord ! Les livres pour enfant demandent une technique tout aussi maîtrisée et poussée, ou alors nous n’avons pas lu / regardé / mangé les mêmes livres :( Ceux que j’avais dans ma bibliothèque foisonnaient de mille détails et de choses qui même maintenant m’impressionnent au niveau précision. Évidemment y’a des choses comme Mimi qui sont moins fouillées, mais de la même façon que la moitié des livres publiés dans les collections adultes sont dessinés de façon très simple. Je trouve ça triste que cette légende se perpétue :( Je passe autant de temps à feuilleter les livres rayon enfants que rayon adultes justement car l’illustration jeunesse est une mine d’or.

        • Pit dit :

          Attention, ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit.
          Si tu parles des auteurs des années 80-90, comme Marlier, chouchoutés par les maisons d’édition, là d’accord. Le niveau était aussi bon techniquement qu’artistiquement.
          On en est plus là malheureusement. Oui, il y a des talents, il y en aura toujours qui sortiront du lot, mais globalement la qualité du travail n’est plus ce qu’elle était.
          Ce n’est pas une critique, c’est un fait. Je compare globalement encore une fois. C’est l’évolution du marché de l’édition qui veut ça. Le savoir faire se perd, et l’arrivée du digital n’a pas forcément amélioré les choses. Il n’y a pas vraiment de débat à vrai dire. On peut comparer tout et n’importe quoi: le moins bon de l’édition adulte avec le meilleur de l’édition jeunesse… ça n’aurait aucun sens. Peut être que comparer l’édition jeunesse et l’édition adulte de façon aussi abrupte était une maladresse de ma part, mais je constate simplement que les amateurs sont toujours plus attirés par l’édition jeunesse, et sont donc moins techniques, et ça n’a rien à voir avec ce que le client (l’éditeur) demande.

          Avec toutes les images que je bouffe par jour, je constate que l’édition a bien perdu de sa qualité d’antan, autant en ed. jeunesse qu’en ed. adulte.
          L’édition jeunesse est une mine d’or, et être auteur professionnel, aucun doute là-dessus.
          Bien sûr, tu peux me montrer des travaux exceptionnels d’auteurs jeunesse, même encore aujourd’hui. Ma bibliothèque aussi était remplie de jolies choses: « était ». Quand je vois ce qui se fait maintenant, ça donne moins envie de se refaire une bibliothèque avec tous les amateurs qui veulent percer, et spécialement dans l’édition jeunesse. Encore une fois, c’est une constatation. Je connais un paquet d’auteurs jeunesse très talentueux, mais c’est une petite minorité.

          Quand je vois les contraintes qui pèsent sur les artistes auteurs et les deadlines hyper tendues, rien ne m’étonne plus. On gagne en productivité et en stress mais on perd peu à peu les savoir faire techniques traditionnelles de nos aïeux. C’est une réalité.

  41. dravo49 dit :

    D’accord , vous êtes des pro dont je ne pourrai jamais apprécier plus que 10% de ce que vous savez ; je vais chercher à faire du simple qui suffit à l’imaginaire des enfants , pas des grands ; je vais chercher de bons illustrateurs naifs pour m’en inspirer..c’est pas gagné , je ne veux pas non plus faire n’importe quoi..c’est amusant , cette discussion me pousse et je vais exploiter la médiathèque.
    Mais pour vos échanges , j’ajouterai que rien n’est figé et ce qui est bien pour l’un à une époque ne l’est pas pour l’autre 20 ans après..

    • Pit dit :

       » j’ajouterai que rien n’est figé et ce qui est bien pour l’un à une époque ne l’est pas pour l’autre 20 ans après. »
      tout à fait d’accord!

      « je vais chercher à faire du simple qui suffit à l’imaginaire  »
      Simple c’est bien! et c’est pour moi la meilleure voie pour réussir!

  42. Ranka21 dit :

    je me suis vraiment reconnu dans ce que tu as écrit, moi a la base, vers 12-13 je recopiais des dessins ensuite je me suis mis a inviter mes propres personnages et pendant environ 3 ans je me suis expérimenter niveau originalité des persos etc mais j’ai un énorme problème, parce qu’en voulant toujours être plus inventif au final je dessinais des personnages très différent a chaque fois mais toujours debout avec les bras le long du corps, et je me suis rendu compte il y a un an (je me demande encore pourquoi je ne m’étais pas posé la question avant) que si je voulais faire un personnage dans une position particulière ça ne le faisait pas parce que je n’ai aucune base la dessus (de même je ne sais pas dessiner les mains, les pieds et même niveau couleur je ne suis pas top) donc au final je commence a avoir mon propre style mais au détriment d’un gros handicap niveau pose du personnage, couleur etc… du coup depuis j’essaie de dessiner de nouvelles choses et a force de me focaliser sur des details j’y arrive de plus en plus, bref merci pour cet article ça m’a beaucoup aidé

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